La monarchie entre histoire, héritage et illusions de certaines plumes occidentales

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La monarchie entre histoire, héritage et illusions de certaines plumes occidentales

Par Zakia Laroussi

La monarchie dans nos sociétés n’est ni un accident de l’histoire, ni une construction fragile qu’un simple souffle médiatique venu de l’étranger pourrait ébranler. Elle est un système profondément enraciné, porté par des siècles de légitimité historique, religieuse et symbolique. Elle constitue l’horizon de notre identité et la clé de notre stabilité. Bien avant que vos journaux ne se mettent à commenter le destin des peuples, la pensée arabe et islamique avait déjà reconnu cette vérité.
Que l’on relise Al-Jahiz, ce penseur rationnel et critique, qui écrivait dans Le Livre de la Couronne :
« Les hommes ont plus besoin du souverain que le souverain des hommes, sans lui ils se dévoreraient les uns les autres. »
Nul panégyrique ici, mais une analyse lucide : la monarchie est une nécessité sociale et politique, un rempart contre le chaos. Ibn al-Imad, dans Les Perles d’or, décrit l’histoire islamique comme une succession de règnes et de souverains qui ont maintenu l’unité de la communauté même dans les heures les plus sombres. Ibn Khaldoun ne fit, plus tard, qu’approfondir cette intuition : aucune société ne survit sans une autorité centrale, et nul État ne se maintient sans un roi obéi.
Dès lors, une question s’impose : pourquoi certains éditorialistes en France s’arrogent-ils le droit de juger les structures politiques des autres, comme si l’intelligence était le privilège exclusif de l’Occident ? Pourquoi cette prétention à instruire le monde arabe et musulman, alors même que l’Europe elle-même ne s’est stabilisée qu’en reconnaissant la monarchie constitutionnelle comme symbole d’unité et de continuité ? De Londres à Madrid, d’Amsterdam à Copenhague, les monarchies européennes demeurent des piliers de stabilité. Ce qui est jugé légitime chez vous devient soudain archaïque chez nous : n’est-ce pas là une flagrante contradiction ?
Les faits sont pourtant têtus : les nations qui ont su préserver leurs monarchies sont souvent celles dont la durée historique est la plus longue et la stabilité la plus solide. Car ce ne sont pas les théories abstraites qui fondent les régimes, mais la nature des peuples et des sociétés. Quiconque préfère la république en a le droit ; quiconque trouve sa cohérence dans la monarchie en a la légitimité. Mais nul n’a le droit d’allumer le feu dans la maison de l’autre au nom d’une vision politique qui n’est ni universelle ni intemporelle.
Cibler la monarchie n’est pas un débat intellectuel innocent : c’est s’attaquer au cœur de la stabilité. Notre monarchie n’est pas imposée par le fer et le feu ; elle est issue du serment collectif, de la reconnaissance populaire, d’une légitimité patiemment accumulée au fil des siècles. Elle n’est pas seulement un régime, elle est l’expression de la nation elle-même, sa continuité, son unité, son imaginaire partagé.
Comme l’écrivait encore Al-Jahiz :
« Les rois sont la clôture des peuples ; sans clôture, les peuples se perdent. »
Nous savons la valeur de cette clôture et nous la défendons, non par manque d’imagination politique, mais parce que nous avons compris, à la lumière de notre histoire comme de l’expérience universelle, que les nations ne se bâtissent pas sur les caprices des plumes mais sur la force des réalités et des traditions.
Alors, avant de nous donner des leçons, que vos journaux regardent d’abord leurs propres monarchies européennes, qu’ils cessent de projeter leur double standard, et qu’ils admettent enfin que l’intelligence d’un peuple à comprendre son propre destin n’est pas moindre parce qu’il est arabe ou musulman.

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