Le Sahara marocain .. convergence des voix de la diaspora et maturité d’une vision stratégique
Par Zakia Laâroussi -k24
Rarement une rencontre parisienne aura donné à voir, avec une telle netteté, la transformation d’une question territoriale en enjeu stratégique global. Ce jour-là, la salle ne fut ni un simple cadre académique ni un espace de débat diplomatique convenu, mais le lieu d’une démonstration politique maîtrisée, où le Sahara marocain s’est affirmé non comme un dossier figé, mais comme une construction stratégique en mouvement. Loin des slogans et des postures, la réflexion s’est inscrite dans le temps long des nations, celui où l’histoire, le droit et la géopolitique finissent par converger.
À l’initiative du mouvement Maghreb de Demain et de la Fondation Trente-et-Un Octobre pour le Sahara marocain, responsables politiques, intellectuels, universitaires et représentants de la société civile se sont réunis autour d’un constat désormais difficile à éluder : la question du Sahara marocain ne peut plus être abordée selon les schémas idéologiques du passé. Elle appelle aujourd’hui une lecture réaliste, fondée sur la stabilité régionale, la légitimité historique et les impératifs de sécurité et de développement à l’échelle euro-méditerranéenne et africaine.
La conférence consacrée au Sahara marocain a ainsi constitué un espace de clarification stratégique, où le pluralisme des approches n’a nullement dilué le message central, mais l’a au contraire renforcé. La diversité des sensibilités politiques et intellectuelles présentes n’a pas engendré la fragmentation du discours, mais a révélé une cohérence profonde : celle d’un consensus national structuré autour de la souveraineté marocaine et de la proposition d’autonomie comme solution politique crédible, durable et conforme aux standards internationaux.
En ouvrant les travaux, le docteur Moustapha Aziz, président du mouvement Maghreb de Demain, a posé les jalons d’une lecture résolument politique de la question. Il a rappelé que le Sahara ne saurait être réduit à un instrument de négociation conjoncturelle, encore moins à une variable d’ajustement diplomatique, mais qu’il constitue l’un des fondements de l’architecture stratégique de l’État marocain. Dans cette perspective, l’autonomie sous souveraineté marocaine n’apparaît ni comme une concession ni comme un compromis défensif, mais comme l’aboutissement rationnel d’un processus historique de légitimation, et comme une réponse pragmatique aux exigences contemporaines de gouvernance territoriale.
Sous la modération rigoureuse et équilibrée de l’ingénieure Asmaa Ben Behida, les échanges ont gagné en densité et en profondeur, s’affranchissant des discours incantatoires pour s’inscrire dans une logique de responsabilisation collective. Le débat a mis en lumière une constante : la solidité de la position marocaine réside précisément dans sa capacité à intégrer le pluralisme sans céder sur l’essentiel.
L’intervention de la députée belge Latifa Aït Baala a introduit une dimension juridique et institutionnelle déterminante. En situant la question du Sahara dans le champ du droit international et des valeurs européennes, elle a rappelé que la stabilité et la paix régionales reposent moins sur des constructions idéologiques que sur la reconnaissance des légitimités historiques et des solutions politiquement viables. Son analyse a souligné que l’initiative marocaine d’autonomie répond aux critères de responsabilité, de sécurité juridique et de protection des populations locales.
L’expert international Jean-Marie Heidt a, pour sa part, replacé le débat dans une perspective historique longue, rappelant que les équilibres géopolitiques finissent toujours par intégrer les réalités durables. Le Sahara marocain, a-t-il souligné, illustre cette permanence : longtemps soumis aux fluctuations du discours politique international, il s’impose aujourd’hui comme une donnée stratégique incontournable dans la recomposition des équilibres régionaux.
La contribution d’Ibrahim Ouchlah a apporté un éclairage complémentaire, ancrant la réflexion dans la matérialité du territoire. En rappelant que le Sahara n’est ni un espace vide ni un simple enjeu cartographique, mais un territoire structuré, porteur de mémoire, de ressources et de continuités humaines, il a mis en évidence la profondeur géographique et stratégique de l’intégration saharienne au projet national marocain.
Enfin, l’historien et écrivain Julien Mylguy a proposé une lecture européenne lucide, soulignant que le Sahara marocain a progressivement cessé d’être perçu à travers le prisme des récits hérités de la guerre froide. Il s’affirme désormais, dans les cercles de décision et de réflexion stratégique, comme une réalité politique stabilisée, en phase avec les priorités contemporaines de sécurité, de développement et de coopération régionale.
Ce qui confère à cette rencontre sa portée singulière, c’est moins la juxtaposition des interventions que la démonstration implicite d’une maturité politique. Le Sahara marocain y apparaît non comme un sujet de surenchère nationaliste, mais comme un élément structurant d’une vision stratégique cohérente, assumée et tournée vers l’avenir. Une vision qui privilégie la stabilité à l’illusion, la construction institutionnelle à la confrontation stérile.
Il devient alors manifeste que la question du Sahara dépasse largement le cadre d’un contentieux territorial. Elle s’inscrit au cœur des équilibres euro-africains, des enjeux de sécurité régionale et des nouvelles dynamiques de développement au sud de la Méditerranée. En proposant l’autonomie comme solution politique, le Maroc ne cherche pas à clore un débat, mais à inscrire durablement cette question dans une logique de responsabilité partagée et de paix durable.
Ainsi, loin du tumulte des discours militants, cette rencontre parisienne aura donné à voir une réalité souvent occultée : celle d’un État qui, fort de son histoire, assume une vision stratégique claire et propose au monde une solution fondée sur le réalisme politique, la stabilité régionale et la primauté du long terme. Un choix qui, à l’épreuve du temps, pourrait bien s’imposer comme l’un des rares points de stabilité dans un environnement géopolitique en recomposition.


اللهم زد وبارك الدكتور مصطفى عزيز حقق انتصار كبير، كان داءما منذ شبابه وهو يقاوم ويخدم البلاد والعباد من اجل الصحراء المغربية وانا كجالية اعترف بهاد انه جدير بالتشجيع ويستحق كل الدعم
حيا الله الدكتور مصطفى عزيز.